Difficile pour Guillaume Verspieren de savoir exactement combien il a de plantes mais il peut vous dire avec certitude qu’il a « la plus grande variété de menthes du département », 35 au total.
Mais aussi une vingtaine d’espèces de tomates différentes, des framboises, de la rhubarbe, des herbes aromatiques, des plantes bizarres comme la plante goût huître ou celle qui ressemble à du fromage. Une quantité impressionnante quand on voit la taille de son jardin situé sur la commune de Pessac à côté de Bordeaux.
« Ici je fais des associations de plantes qui s’aident entre elles et je cultive en trois dimensions » m’explique ce responsable commercial, à grands renforts de gestes pour me montrer tous les fils tendus aux quatre coins de la terrasse. « Quand c’est la fin de la saison, les courges Jack Be Little courent sur les fils, c’est féérique quand tu as ces grosses lanternes qui se promènent en hauteur ».

Courges Jack Be Little suspendues sur des cordes au dessus du potager @LePotagerBordelais
Le moindre cm est optimisé. Les basilics et les capucines poussent au pied des tomates qui logent non loin des haricots, eux-mêmes entortillés sur les fils où vont bientôt pousser d’autres plantes grimpantes au fil des saisons.
La permaculture en pratique : succès et échecs
Sa terrasse, qu’il cultive aujourd’hui depuis bientôt 3 ans, est ainsi un concentré d’astuces permacoles qu'il partage à ses 19 000 abonnés sur Instagram.
Une pratique accumulée au fil d’expériences et d'inspirations piquées dans les livres du Potager d’Olivier et ceux de Damien Dekarz, deux célèbres maraîchers youtubeurs.
Voici quelques uns de ses trucs et astuces pour maximiser un petit espace :
- Superposer les cultures : utiliser des pots en cascade, des treillis pour les plantes grimpantes (courges, haricots), et des associations bénéfiques (ex. : carottes et poireaux pour éloigner les parasites).
- Privilégier les variétés productives : des tomates cerises, des courgettes compactes, ou des plantes vivaces qui repoussent chaque année.
- Réutiliser et recycler : fils de fer, ficelle, sachets de thé… Tout peut servir à tuteurer ou organiser son potager sans dépenser une fortune.
- Partir des graines : pour éviter les coûts élevés des plants en jardinerie (un seul plant coûte souvent plusieurs euros). Les échanges entre jardiniers, les grainothèques ou les associations locales sont des mines d’or pour dépenser peu.
Cependant, il l’avoue lui-même, il y a aussi des expériences qui ne marchent pas. Comme la boîte d’œufs retournée dans le potager pour piéger les limaces qui s’attaquent à ses salades. « On a testé avec les enfants et c’était un échec total » plaisante t-il en me montrant les photos de deux bébés mollusques se battant en duel dans le contenant en carton.



