Dans l'atelier qu'elle partage avec une autre créatrice, Marie a tout organisé pour en jeter le moins possible.
Sur chaque étagère, chaque meuble ou tiroir, trône une pile de linge à différentes étapes de leur vie « Quand je viens de les chiner, je peux tailler les grandes pièces dedans mais quand il me reste qu’une petite chute de tissu, je peux encore faire des chouchous, des porte-clés, des bandanas ».

Tout est optimisé même les petites chutes de tissus servent à faire des chouchous et pochettes. @PaulineBenAli
Ainsi, chez cette jeune couturière originaire de Normandie, « quasi rien » ne se perd et tout se transforme. En moyenne, les chutes de tissus qu'elle jette remplissent un sac poubelle de 30 litres maximum tous les 10 jours.
Des draps chinés transformés en garde-robe tendance
Toute cette matière, Marie ne la trouve que dans les ressourceries, les brocantes et les dépôts associatifs du Pays Basque. Elle y récupère des draps, des taies d’oreillers, des couvertures « Il y a certains tissus qui doivent bien dater de 1930 » plaisante t’elle. De retour à l'atelier, elle lave tout entre 60 et 90 degrés puis les transforme en vêtements et accessoires sur sa machine à coudre qui trône près de la fenêtre.
« Dans une autre vie, cette combi short était un drap. »
On nomme cette pratique, l'upcycling, le surcyclage en français, un terme que Marie elle-même trouve vraiment pas sexy. Le principe : prendre un objet qui a déjà eu une vie et lui en offrir une autre, différente, en lui donnant une valeur nouvelle et plus élevée. Un drap troué au fond d'un carton devient une robe à motifs que personne n'a jamais vue. Un plaid bouloché devient une veste en laine.
Elle me montre son petit haut bariolé à fleurs jaunes et oranges « Si tu avais vu le drap de ce haut, tu serais passé complètement à côté, alors que là, on voit que ça. » Chaque pièce sort de l'atelier avec une petite étiquette qui raconte son histoire : « Dans une autre vie, cette combi short était un drap. »


