À l'origine, le marais s'étendait sur plus de 3000 hectares avant de disparaître petit à petit sous l'effet de l'urbanisation au 20ème siècle. Pour sauver ce qu'il en reste, la réserve est créée en 1983. Depuis 43 ans, le site est donc protégé par arrêté préfectoral. Une fois la barrière des lieux franchie, la métropole pourtant si proche nous paraît bien loin.
Hotspot de biodiversité aux portes de Bordeaux
Pour y accéder, on doit franchir une petite barrière discrète juste après la voie ferrée. Au bout du chemin, trône un platane vieux de 300 ans. C'est là que démarre la visite guidée. La conservatrice des lieux, Charlotte Dubreuil est à la manœuvre et tout l'intérêt de la visite guidée est de pouvoir découvrir des chemins normalement interdits au public. Car le seul sentier autorisé en temps normal est celui de 2,5km qui fonce tout en ligne droite à travers le marais. Le petit groupe d'une dizaine de personnes s'équipe alors de jumelles et de bottes distribuées par la gardienne des lieux car marais oblige, l'eau n'est jamais très loin.
C'est peu dire que l'eau amène la vie. Tout au long de la visite, les espèces d'oiseaux, de mammifères, de plantes se succèdent sous les regards des visiteurs. Le marais abrite à lui seul 3457 espèces de plantes et d'animaux et le chiffre monte à environ 3600 si l'on compte les champignons. Entre autres, on peut y voir des sangliers, des chevreuils, des cistudes d'Europe, des invertébrés en pagaille (2271 selon l'inventaire de la Sepanso gestionnaire du site) et une quantité d'oiseaux impressionnante car le site est situé sur un grand axe migratoire.
"Leur odeur et leur déjections peuvent perturber la faune présente"
Et s'il y a autant d'espèces qui cohabitent au sein d'une si petite surface (en comparaison avec d'autres réserves) c'est aussi grâce à la diversité de ses paysages. Les prairies côtoient les haies, fossés, étangs et autres bras morts...69 habitats au total. Ainsi, le trio d'une biodiversité en forme est rempli : biodiversité génétique, interspécifique et écosystémique.
La réserve abrite également deux espèces servant à la conservation des milieux ouverts : les poneys landais et les vaches marines landaises. Les deux troupeaux débroussaillent les prairies et évitent ainsi que le marais ne se transforme en forêt.
De la sensibilisation aux amendes
Le panneau trône à l'entrée du site. La conservatrice effectue toujours un arrêt à cet endroit pour énumérer ce que l'on a le droit de faire et de ne pas faire. Car toute réserve naturelle s'accompagne d'une série d'activités humaines interdites. Exit la pêche, chasse mais aussi faire du vélo, cueillir des plantes et même promener son chien "car leur odeur et leur déjections peuvent perturber la faune présente" explique t-elle.



